Historique et développements

Depuis 2014, l'ESAD de Valenciennes s'emploie à définir les conditions et les moyens du développement du design social par la recherche et la pédagogie. Les journées d'étude « Design social, les nouvelles formes de convivialité » (2014), « Design social et économie solidaire » (2015) et « No transition : le design en situation de crise » (2016) ont révélé la puissance interdisciplinaire de ce champ d'étude. Le design social impliquant des pratiques situées dans l'espace et dans le temps pousse à reconsidérer les échelles critiques qui le sous-tendent et à intégrer la soutenabilité comme paramètre décisif. Les programmes de recherche successifs, soutenus et financés par le Ministère de la Culture et de la Communication, ont porté ces développements : Design Social, les nouvelles formes de convivialité (2013-2015), Design situé, territoires soutenables (2015-2017). S'ouvre, avec l'université d'automne "L'enseignement de la biorégion. Learning from the bioregion" (15-18 novembre 2017), les prémisses d'un nouveau programme de recherche qui s'attèlera, sur les deux années à venir, à la création d'un learning center pour la « biorégion urbaine » valenciennoise.

C'est en synergie avec l'option Design que l'option Art de l'ESAD de Valenciennes travaille, depuis 2015, à spécifier son orientation vers l'étude et l'expérimentation de pratiques artistiques qui interrogent la place de l'art dans une société en mutation en posant le principe d'une œuvre "adressée", c'est-à-dire, avec l'intention de concerner le public et le contexte de façon critique.

Université d'automne « L'enseignement de la biorégion »

L'université d'automne « L'enseignement de la biorégion. Learning from the bioregion », pendant trois jours et demi de conférences, d'ateliers de création et de visites, travaillera à la préfiguration d'un « learning center mobile » pour la biorégion.

 

Initiée par Peter Berg et Raymond Dasmann en 1977 pour défendre un engagement à la fois écologique et social qui privilégie les petites échelles et la décentralisation, l'idée de "biorégion" s'est enrichie ensuite d'une approche par l'architecture et l'urbanisme qui lui a donné un sens élargi. L'architecte Alberto Magnaghi en est le principal acteur en Europe à travers ses projets et ses écrits autour de la "biorégion urbaine". L'enjeu fondamental est pour lui de repenser les rapports entre le milieu naturel et le milieu humain, à travers leur coévolution, en vue de rétablir des relations équitables et de longue durée entre l'environnement et l'habitat, entre la campagne et la ville, entre le territoire et les populations.

 

L'université d'automne a pour objectif principal de comprendre quels enseignements l'étude de la "biorégion urbaine" peut apporter comme concept à la croisée des sciences de l'environnement et des sciences sociales, comme représentation complexe et dynamique d'un territoire, comme méthodologie de projet de recherche-création et comme finalité d'action d'un design à la fois écologique et social, engagé et situé. La "biorégion urbaine" du valenciennois est à cet égard riche d'enseignements possibles : la situation transfrontalière, le passé industriel, les relations métropole-campagne, les voies navigables, les savoir-faire locaux, sont autant d'éléments intéressants à interroger parmi tous ceux qui seront identifiés au cours des échanges.

 

Cependant, la réalité et la spécificité d'une "biorégion" et même d'une "biorégion urbaine" sont difficiles à appréhender par les populations humaines qui la composent dans leur relation au territoire et aux écosystèmes non humains. Un design cognitif peut définir les savoirs impliqués dans les relations à la biorégion qu'ils soient des savoirs universitaires et spécialisés (climatologie, géomorphologie, géologie, écologie, géographie, anthropologie et histoire) ou des savoirs vernaculaires liés aux modes de vie, aux traditions, aux rites et aux cultures locales qui façonnent à la fois les représentations et les manières d'habiter un territoire. L'hypothèse proposée est que le Learning Center Mobile répond à cette nécessité par une réinterprétation de son modèle établi, entendu comme lieu de transmission et de partage des savoirs à la fois analogique et numérique. Mais un alternatif est possible en lui donnant une configuration ouverte et surtout mobile afin qu'il s'inscrive dans ce qui caractérise la "biorégion urbaine" du valenciennois : une géographie d'éclatement urbain relié par des voies navigables et tissé par une culture locale de la mobilité.

 

MERCREDI 15. La matinée du mercredi 15 novembre 2017 sera consacrée à l'introduction générale de l'université d'automne. Cinq intervenants (géographes, architectes, critiques) s'attacheront à caractériser en quoi et comment la notion de "biorégion" se qualifie dans leurs disciplines et enjeux de recherche respectifs. Ces présupposés fonderont l'orientation des ateliers qu'ils piloteront le lendemain matin.

 

L'université d'automne se poursuit l'après-midi au Grand Hornu, ancien complexe de charbonnage situé à Boussu (Wallonie, Belgique) et depuis 2002, réhabilité en centre des arts et du design contemporains. Des visites commentées du site architectural et des expositions en cours se poursuivent en soirée par une conférence d'acteurs emblématiques de la théorisation de la biorégion : Thierry Paquot (philosophe français de l'urbain) et Alberto Magnaghi (architecte et urbaniste italien).

 

JEUDI 16. La journée du jeudi 16 novembre 2017 s'ouvre avec les ateliers de recherche-création, alliant théorie, pratique et imagination prospective dans les travaux de la préfiguration du learning center mobile. Ils réuniront étudiants de l'ESAD et étudiants issus d'écoles d'art, de design et d'architecture françaises, invités à contribuer aux côtés des enseignants, de praticiens et de chercheurs, tous concernés par la "biorégion". L'après-midi, différents itinéraires de balades permettront d'explorer et de relever les constituants de la biorégion urbaine du valenciennois (agriculture urbaine, voies navigables, cité-minière, etc.).

 

VENDREDI 17 / SAMEDI 18. Le vendredi 17 novembre 2017, les ateliers de création reprennent les chantiers démarrés la veille. L'après-midi, l'université d'automne s'installe temporairement à Arenberg Creative Mine, ancien site minier réhabilité en 2015 en pôle d'excellence pour l'image et les médias numériques situé à Wallers-Arenberg (Nord, France) pour y conduire visites et conférences sur le patrimoine minier comme emblème territorial, entre obsolescence et développement. Chaque journée s'achèvera par un moment de convivialité - la gastronomie locale est mise à l'honneur  - comme un espace autre où se discute et se dévoile la biorégion d'aujourd'hui et de demain. L'université d'automne se clôture le samedi 18 novembre 2017 par la présentation de synthèses des travaux menés dans les ateliers et de pistes pour l'ouverture du nouveau programme de recherche de l'ESAD dédié à la biorégion urbaine valenciennoise.

 

Responsables scientifiques : Ludovic Duhem, coordinateur de la recherche de l'ESAD Valenciennes et Kenneth Rabin, co-responsable du programme de recherche "Design situé, territoires soutenables".

Coordination étudiante : Justine Pillon, diplômée de l’ESAD Valenciennes, DNSEP Art 2017

Plus d'information : bioregion@esad-valenciennes.fr

 

Télécharger le programme complet de l'université d'automne